Le mercredi 21 novembre se tenait sur l’université Lyon 2, une petite assemblée d’une trentaine d’enseignants de psychologie, d’anthropologie, et de sociologie. Lors de celle-ci, les enseignants ont décidé d’une motion commune adressée à la présidence de l’université. La rédaction de cette dernière n’a pas été de tout repos, et les débats ont beaucoup porté sur la qualité des termes employés, mais pas seulement :
Les enseignants d’anthropo et de socio ont tout d’abord présenté le premier travail (sur la motion), qu’ils venaient tout juste de faire avec les étudiants bloquants l’université. Ensuite les débats ont été ouverts :
L’un des éléments qui semble freiner des enseignants dans la mobilisation, c’est qu'aucun état général n’a été ouvert pour débattre de la loi. Les enseignants sont ainsi (pour certain) très frileux dans une prise de position radicale contre la loi sur la liberté et la responsabilité des universités. Cependant, chacun était d’accord pour affirmer que cette loi contenait des éléments permissifs pour l’avenir. Ainsi le débat a été de savoir si le terme « abrogation » était plus justifié que « opposition », ou qu’un autre. (On les changera pas nos têtes pensantes !!) Durant les discussions, des enseignants vacataires ont également pris la parole pour expliquer les revendications propres à leur statut. Tout d’abord, il faut comprendre que les enseignants vacataires ne sont pas payés au début de leur engagement. Ils doivent attendre parfois 2 à 3 mois pour toucher un premier versement (si j’ai bien compris), les suivants étant tout autant irréguliers (voir totalement absents lorsque l’université n’a plus de sous). Ils apprécient d’être reconnus par cette loi comme pouvant siéger au conseil d’administration, mais ils expliquent qu'elle ne répond en rien à leurs besoins et revendications. Ainsi ces jeunes enseignant ont décidé de se mobiliser auprès des étudiants (certains ont même pris la décision de se joindre aux étudiants pour dormir dans la fac – en attente d’une possible intervention des CRS). Ils ont également dénoncé le droit de veto de la présidence sur l’affectation des enseignants et du personnel, ainsi que la mise en place de primes distribuées par ce dernier (LRU).
Les enseignants souhaitent qu’une assemblée générale du personnel ait lieu le lundi 26 novembre dans la matinée, pour que des modalités d’action soient décidées communément. En attendant, ils proposent une grève active, dans le cas où les cours reprendraient avant le vote de l’assemblée générale des étudiants.
Ensuite les enseignants sont tout à fait conscients que l’on ne peut parler d’un corps d’enseignants unanime contre la loi Pécresse et pour le soutien du mouvement étudiant. Tout comme chez ces derniers cela est une question d’individualités et de conviction personnelle.
Certains évoquent également une évidence : La minorité d’étudiants mobilisés ne suffira pas contre la loi Pécresse. Il faut qu’une unité s’installe entre les différentes parties (enseignants, étudiants, etc.…). Ce mouvement manque cruellement de vrais leaders (et pas des syndiqués). Les enseignant se proposent-il pour guider et renforcer la mobilisation étudiante ?
Une personne présente ce jour-là (personnel administratif, mais je ne suis pas sûr) a expliqué comment la consultation de Valérie Pécresse, avec les syndicats s’est déroulée (elle y était donc présente). Globalement cela n’était en rien une consultation, mais plutôt une sorte de mascarade qui a permis à Mme Pécresse de valoriser sa loi avec des points d’accord. Néanmoins, les personnes présente n’ont pas pu faire évoluer la loi, ni si opposer. Les différents éléments de la motion ont été votés à main levée par les enseignants. Je ne retraduis pas ici ces différents points (que nous avons déjà abordés dans l’article sur le soutien des enseignants aux étudiants grévistes), car les enseignants ont été très pointilleux sur les termes. Dès que je me procure un exemplaire, je le mettrai en ligne.
Nous conclurons que ce monde des enseignants est quelque peu partagé sur cette question, mais dans tout les cas, aujourd’hui, la présidence n’est plus en mesure de représenter ces derniers, par sa politique menée jusqu'à présent à l’encontre des étudiants.